Qui sommes nous ?

Qui doit investir en prévention santé primaire
à destination des
assurés sociaux français :
Public, Privé ou les deux ?

Difficile de trouver une réponse claire à cette question en apparence simple. Et pour cause, le système de santé français, basé en théorie sur des principes forts de solidarité et de responsabilité, est devenu au fil du temps très complexe, opaque et déresponsabilisant. Du coup, l'État, les caisses d'assurance maladie, les collectivités territoriales, les 3 familles d'assureurs (Mutuelles, Sociétés d'assurances, Institutions de prévoyance) etc ..., autrement dit les acteurs qui ont une responsabilité législative ou morale, voire un intérêt (financier) à agir en prévention santé ont tendance à tous se renvoyer la balle sur le sujet, plus particulièrement les assureurs à cause du principal Talon d’Achille de leur modèle économique 1 : les concurrents " Passagers clandestins " 2 qui n'investissent pas, ou peu dans la gestion du risque maladie, mais qui sont gagnants au final lorsque des solutions préventives lancées sur le territoire national avec un coût ZÉRO ou dérisoire pour eux, réussissent à faire changer les comportements de leurs assurés.

Comme le coût d'un investissement préventif peut parfois être important, avec un retour financier (ROI) +/- long mais rentable 3, autant dire que des acteurs (publics ou privés) censés investir en prévention santé primaire sont souvent tentés d'adopter un comportement de passager clandestin, et attendent que d'autres acteurs prennent l'initiative d'investir pour pouvoir bénéficier des retours financiers sans en supporter le coût.

Résultat : pendant que certains se renvoient la balle en attendant tranquillement que les autres agissent, plus personne ne bouge réellement en France ou n'agit de manière efficiente en prévention santé primaire, creusant au passage un peu plus chaque jour les inégalités en matière de santé.

Il est pourtant URGENT de stopper cette inertie collective préjudiciable au modèle social français en général, et aux intérêts sanitaires & financiers des assurés en particulier.

Comment j'ai été confronté à cette inertie qui m'a poussé
à inventer le concept d'agence DEMEYER ?

En créant l'association Point Dentaire pour développer en France différentes innovations de prévention dentaire autour d'un mobilier urbain destiné à l'hygiène dentaire (cf. article de presse), j'ai pu constater à quel point il était très difficile de proposer des solutions innovantes sur le marché français de la prévention dentaire primaire. 4

Et pour cause, historiquement, le chiffre d'affaires de ce marché est réalisé par l'intermédiaire d'appels à projets ou d'appels d'offres lancés par 2 acteurs : l'Etat en tant que 1er responsable de la prévention des maladies 5, et l'Assurance Maladie en tant que 1er assureur santé de près de 55 millions de personnes en France. En d'autres termes, ce sont ces acteurs qu'il faut (d'abord) convaincre ou démarcher en premier pour pouvoir fournir (ensuite) à la population française des solutions (produits/services) destinées à ce marché.

Le problème, c'est que ces acteurs rédigent très souvent, pour ne pas dire tout le temps depuis le 1er (et unique à ce jour) plan de prévention dentaire lancé en 2005 par le ministre de la santé à cette époque Xavier Bertrand, un cahier des charges " fermé " pour exprimer leurs besoins en matière de prévention dentaire, ce qui empêche les candidats (ou nouveaux entrants) potentiels de proposer des offres innovantes, alors même que le sourcing & l'innovation sont désormais encadrés législativement en France 6, et que les spécifications techniques formulées dans les cahiers des charges sont visiblement obsolètes, voire inefficaces au vu du développement croissant du chiffre d'affaires effectué sur le marché français des soins dentaires prothétiques, un chiffre d'affaires réalisé par définition grâce à une stratégie de prévention dentaire inefficace. (CQFD)

Résultat : le retard " flagrant " de la France en matière de prévention dentaire n'a fait qu'augmenter 7 au détriment de la santé de la population, en particulier chez les personnes en situation de vulnérabilité ou d'exclusion sociale.


Pour compenser l'absence de commande publique, j'ai essayé de proposer ces innovations aux assureurs (Mutuelles, Sociétés d'assurances, Institutions de prévoyance), vu que ces acteurs ont tout intérêt à investir en prévention santé pour diminuer/éviter au mieux leurs dépenses causées par une mauvaise santé orale (des milliards € chaque année), d'autant que le secteur assurantiel fonctionne en cycle de production inversé. 1

Cependant, j'ai eu la surprise de découvrir que les assureurs dépensaient très peu d'argent, pour ne pas dire quasiment rien, sur le marché de la prévention dentaire primaire, une situation paradoxale, car ils dépensent chaque année en France : des milliards € sur le marché des soins dentaires conservateurs ( consultation chez un dentiste, traitement d'une carie, détartrage etc...), des milliards € sur le marché des soins dentaires prothétiques ( couronne, bridge, inlays/onlays, inlay-core etc...) 8, et des milliards € pour guérir certaines maladies aggravées par une mauvaise santé orale 9, des dépenses de santé à la fois cause et conséquence d'un manque flagrant d'investissement en prévention dentaire, aussi bien des pouvoirs publics 10 que des assureurs, lesquelles dépenses sont payées en réalité par les assurés français au travers de leurs primes d'assurance santé, mais pas seulement. 11

En discutant avec plusieurs dirigeants du secteur assurantiel pour essayer de comprendre ce paradoxe et les raisons qui peuvent amener un assureur à négliger la prévention dentaire dans sa stratégique de gestion des risques, et ce au détriment de sa compétitivité tarifaire et des intérêts sanitaires & financiers de ses clients, j'ai fini par comprendre que la prévention santé était un sujet brûlant pour les assureurs 12, à tel point que certains font signer une clause de confidentialité avant même de dévoiler leurs besoins en matière de prévention ou quelques bribes de leur stratégie préventive.

En effet, à chaque discussion, la même réponse s'imposait systématiquement lorsqu'il était question d'investir en prévention : il est difficile pour un assureur opérant en France, notamment en présence des concurrents passagers clandestins, du monopole de l'Assurance Maladie, la fin des clauses de désignation (remplacées par les clauses de recommandation) et la résiliation infra-annuelle en complémentaire santé, d'investir de l'argent dans des solutions pertinentes de prévention santé primaire, et ce pour 2 raisons principales que la société CEGEDIM résume fort bien :

"- Le temps nécessaire pour que les effets bénéfiques de la prévention sur un assuré soient tangibles peut s’avérer assez long, quand la plupart des assureurs sont à la recherche de retour financier à court terme.  

- La possibilité que les assurés sur lesquels on a investi pendant plusieurs années changent de prestataire d’assurance avant l’atteinte du point mort financier, causant de fait une perte financière à la place du gain attendu."

Résultat : les solutions pertinentes de prévention santé primaire sont peu développées (sous-produites) en France, à la différence des solutions " gadgets ", peu efficaces à terme, mais qui peuvent servir de faire-valoir ou d'éloge marketing dans le secteur assurantiel.

Au final, ce sont les assurés français qui subissent directement les conséquences d'une telle situation lorsqu'elle existe ou persiste, soit en dégradant plus rapidement leur santé, soit en payant plus cher leurs produits d'assurance.

Voilà pourquoi j'ai inventé le concept d'agence DEMEYER avec un modèle économique innovant pour bousculer les codes du marché de la prévention dentaire primaire et ceux des assurances.

L'idée derrière ce concept, c'est que celles et ceux qui investissent (de l'argent, des efforts, du temps ...) en prévention santé (assureurs comme assurés) soient récompensés d'une façon (meilleure santé et produits d'assurance moins cher pour les assurés) ou d'une autre (meilleure compétitivité tarifaire pour les assureurs), tandis que les autres tentés d'adopter un comportement de passager clandestin (assureurs comme assurés) seraient tout simplement en moins bonne santé générale et contraints de payer leurs produits d'assurance plus cher (assurés), ou de proposer des produits santé, prévoyance, auto etc ... plus coûteux que la concurrence (assureurs) à cause d'une charge financière plus importante en dépenses de santé.

L'objectif pour moi, ainsi que les collaborateur(ice)s et partenaires de DEMEYER, étant de pouvoir agir chaque jour dans l'intérêt sanitaire & financier du plus grand nombre possible sans être parasité par les professionnels du free-riding.

Gérald Demeyer
Président Fondateur

1. Le secteur assurantiel est un secteur très spécifique par rapport aux autres secteurs d'activités dans la mesure où son cycle de production est inversé. Si dans la plupart des activités commerciales le prix de revient d'un produit est connu " avant sa vente ", le prix de revient d'un produit d'assurance est lui connu " après sa vente ".
2. En sciences sociales, un passager clandestin (ou " free rider " ) est celui qui veut bénéficier d’un service gratuitement en faisant assumer les coûts par les autres. La notion de gratuité et de coût est à prendre au sens large : argent, effort, risque, temps ... Par exemple dans le secteur assurantiel, on pourrait définir un passager clandestin comme celui qui profite des investissements préalablement réalisés par un concurrent en prévention santé sans y participer en argent, effort, risque, temps ...
3. Selon un rapport de l’Economist Intelligence Unit (EIU) effectué pour le compte de la Fédération européenne de parodontologie (EFP) : le retour sur investissement (ROI) de chaque euro investi dans l'élimination de la gingivite serait de 40,40 €
4. Considéré comme une niche dans le secteur dentaire, ce marché, fonctionnant habituellement en BtoBtoC, a pour particularité de ne pas faire partie du monopole légal des chirurgiens-dentistes, à la différence des marchés préventifs intégrés aux soins (secondaire & tertiaire) qui sont eux dans le périmètre de ce monopole (cf. ICCMS). Le marché de la prévention dentaire primaire est la première porte d'entrée dans le CONTINUUM DES SOINS BUCCO-DENTAIRES (cf. page 64/65 de l'Atlas de la santé bucco-dentaire de la FDI), ou dit autrement, le 1er contact des consommateurs avec le secteur dentaire.
5. Le droit fondamental à la protection de la santé est gravé depuis 1946 dans le marbre du préambule de la Constitution française : " la Nation garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé ". Ce droit " doit être mis en œuvre par tous moyens disponibles au bénéfice de toute personne " présente sur le territoire national. La politique de santé relève de la responsabilité de l’État qui doit : " garantir le droit à la protection de la santé de chacun (...) La prévention collective et individuelle, tout au long de la vie, des maladies et de la douleur " en particulier d'origine dentaire. À noter : " Peut-il y avoir une fourniture de bien ou service collectif en dehors de l’État par le seul jeu d’acteurs agissant en fonction de leur strict intérêt personnel ? ". À cette question, l'économiste Mancur Olson l'un des principaux contributeurs à la théorie des choix publics répond " NON " de façon générale en se référant au phénomène du passager clandestin. Voici le regard d'un membre du Cercle des économistes à ce sujet.
6. Voir : Guide Pratique achat public innovant édité par Bercy et Guide Innovation à destination des acheteurs de la Sécurité sociale édité par l'UCANSS. À noter que depuis le 1er 6vril 2016, les acheteurs publics peuvent faire du sourcing en toute sécurité juridique afin d'optimiser l'efficacité de leurs procédures d'achat (cf. Guide Le sourcing opérationnel édité par Bercy), et ce grâce à la transposition en droit français des directives européennes en matière de marchés publics qui a permis de clarifier cette pratique. En effet, avant 2016, le sourcing public était bridé sur le territoire national par un (potentiel) risque pénal. En lui donnant un cadre juridique clair, le législateur européen a souhaité limiter ce risque (pénal) tout en offrant aux candidats potentiels d'un marché public la possibilité désormais d'attaquer le(s) responsable(s) de ce marché pour défaut de sourcing le cas échéant.
7. Pour l'Igas : " le retard français en matière de prévention et d'hygiène bucco-dentaire reste flagrant malgré les actions menées par l'assurance maladie et les chirurgiens-dentistes. " (cf. page 3 d'un rapport). À noter que l'influence de lobbyistes auprès des pouvoirs publics français " jusqu'au plus haut niveau " peut expliquer ce retard (cf. page 125 d'un rapport de la Cour des comptes). En effet, un rapport de l'Igas : " Évaluation des pratiques de l'exercice de la profession de chirurgiens-dentistes " explique (page 27) comment " La profession s'est organisée pour défendre ses intérêts et maintenir un modèle (économique) qui lui est somme toute favorable ", et (page 34 et suivantes) comment " La profession a occupé le terrain de la prévention ". Comme le disait très justement Peter Drucker : " La chose la plus importante en communication, c'est d'entendre ce qui n'est pas dit ! ".
8. Depuis le 1er avril 2019, date d'entrée en vigueur de la réforme 100% santé, l'ensemble de l'offre du marché français des soins dentaires prothétiques, un marché estimé à +/- 5 milliards € par an, est segmenté en 3 paniers de soins avec obligation pour tous les assureurs de rembourser, depuis le 1er janvier 2020, le 1er panier avec un reste à charge 0 (RAC 0) pour tous leurs clients couverts par une complémentaire santé, peu importe le niveau de garanties choisi. À noter que le RAC 0 était déjà en vigueur sur l'ensemble du marché français des soins dentaires conservateurs, et ce depuis 1945. En effet, depuis les ordonnances sur les prix, les tarifs sur ce marché sont fixés par le législateur avec un RAC 0 pour tous les détenteurs d'une complémentaire santé (ou " mutuelle " en langage populaire). Étant donné que 96% des Français sont couverts par une mutuelle, il n'est donc pas pertinent que ces assurés attendent le stade 6 d'une carie pour bénéficier d'un RAC 0 sur certaines prothèses dentaires, vu qu'ils peuvent stopper/soigner celle-ci avec un RAC 0 dès le stade 1 de la maladie. Autrement dit, lorsqu'un problème ou diagnostic politique est mal posé, toutes les solutions apportées pour résoudre ce problème sont obsolètes ou inefficaces avant même de les mettre en œuvre. À bon entendeur !
9. Ces maladies sont : diabète, maladies cardio-vasculaires, maladies respiratoires, cancers, démence/Alzheimer ... liste non exhaustive.
10. La politique publique de prévention dentaire menée en France " laisse de côté près de 80% de la population " selon la Cour des comptes (cf. page 275 du rapport sur la Sécurité sociale 2016). Même si cette politique a récemment été étendue aux classes d'âge " 3, 21 et 24 ans ", nous sommes encore très loin d'une politique qui s'adresse, non pas à (seulement) 25/30% de la population, mais à 100% conformément à la législation précitée (cf. point 5), surtout que dans une résolution votée le 21 janvier 2021 par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la base du rapport intitulé : " Améliorer la santé bucco-dentaire dans le cadre des travaux portant sur la couverture sanitaire universelle et les maladies non transmissibles à l’horizon 2030 ", l'OMS « invite instamment » ses états membres « à favoriser l'intégration de la santé bucco-dentaire dans leurs politiques nationales (...) à réorienter l’approche curative traditionnelle (…) vers une approche favorisant la prévention et permettant de repérer les risques pour prodiguer des soins complets et inclusifs en temps utile (...) à mettre l'accent sur des mesures de prévention intégrées à l’échelle de la population et sur l’accès aux soins bucco-dentaires primaires au titre des prestations relevant de la couverture sanitaire universelle » etc ... À bon entendeur !
11. Sauf (rare) exception, un assureur n'est jamais spécialisé - uniquement - en santé. Le principal intérêt pour un assureur d'être généraliste étant de pouvoir pratiquer une (meilleure) mutualisation des risques sur l'ensemble des métiers ou branches dans lesquelles il exerce (santé, prévoyance, auto, 2 roues ...), et ce en compensant les pertes techniques/financières d'une branche avec les gains techniques/financiers d'une autre branche. C'est d'ailleurs intégré dans les règles prudentielles de Solvabilité 2. À noter que le principal indicateur de rentabilité/performance d'un assureur est le ratio combiné (cf. vidéo GENERALI). Si dans le secteur assurantiel le " prix " constitue un levier important pour attirer des prospects ou fidéliser une clientèle, tous les assureurs n'activent pas ce levier en même temps. D'où l'intérêt de comparer régulièrement les offres des assureurs avec l'aide d'un courtier en assurances pour bien s'assurer au meilleur prix !
12. Une Chaire d'Excellence a été créée en 2017 en France pour " intégrer les modèles de la prévention en santé dans le calcul économique des acteurs de l'assurance ". Plus d'infos : www.chaire-prevent-horizon.fr

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