Qui sommes nous ?

En créant l'association Point Dentaire pour lancer en France un mobilier urbain destiné à l'hygiène dentaire (cf. article de presse), j'ai découvert l'existence du marché de la prévention dentaire primaire 1, tout en découvrant les difficultés pour amorcer des solutions innovantes sur le marché français.

En pratique, les solutions (produits/services) commercialisées sur ce marché répondent à des besoins formulés par des acteurs économiques (administrations publiques ou sociétés privées) qui souhaitent, en général, qu' un public cible : Adopte une bonne hygiène dentaire ; Évite ou limite les facteurs de risque associés à une mauvaise santé orale ; Se rende chez un dentiste au moins 1 fois par an.

Historiquement, le chiffre d'affaires du marché français est réalisé par l'intermédiaire d'appels à projets ou d'appels d'offres lancés par 2 acteurs : l'Etat en tant que 1er responsable de la prévention des maladies 2, et l'Assurance Maladie en tant que 1er assureur santé de près de 55 millions de personnes.

Le problème, c'est que depuis le plan de prévention dentaire lancé en 2005 par Xavier Bertrand, l'Etat et l'Assurance Maladie rédigent chaque année un cahier des charges commun 3 avec des besoins " orientés " vers une solution en milieu scolaire inventée en 1989 par un candidat à ces marchés publics (cherchez l'erreur !), ce qui empêche, depuis la mise en œuvre de ce plan, les candidats concurrents (ou nouveaux entrants) de proposer des solutions innovantes à ces acheteurs publics, malgré un (nouveau) code de la commande publique désormais plus clair au sujet du sourcing & l'innovation 4, et le fait que 3/4 des personnes qui résident en France sont, sans savoir pourquoi, mis à l'écart de la politique publique de prévention dentaire 5, alors que santé orale et santé générale sont étroitement liés 6 et que la Constitution française " garantit à tous (...) la protection de la santé " notamment dentaire !

La vraie question aujourd'hui est de savoir si l'Etat comme l'Assurance Maladie souhaitent vraiment s'engager dans une stratégie de prévention dentaire digne de ce nom, accessible " à tous " avec " Zéro " conflit d"intérêts, ou juste poursuivre une stratégie dont l'efficacité reste toujours à démontrer 30 ans après sa création ? Une stratégie qui, soit dit en passant, coûte aux contribuables français plusieurs dizaines de millions € chaque année ... 91 pour être précis en 2020 !

Dans tous les cas, en écartant jusqu'à présent la prise en compte de l'innovation dans leurs marchés publics de prévention dentaire, l'Etat et l'Assurance Maladie n'ont fait que prolonger le retard " flagrant " de la France sur ce sujet 7, au détriment de la santé de la population, en particulier chez les personnes en situation de vulnérabilité ou d'exclusion sociale, et l'affaire DENTEXIA 8 est une (bien malheureuse) illustration des conséquences sanitaires, financières, mais surtout humaines de ce retard.

À noter
que ce retard a aussi permis le quasi-doublement en 20 ans de la facture dentaire de la population française, dont une large majorité pour financer des soins curatifs chez les dentistes 9, des soins qui sont la conséquence directe d'une stratégie de prévention dentaire inefficace. (CQFD)


Pour compenser l'absence de commande publique, j'ai essayé de proposer ces innovations aux assureurs (Mutuelles, Sociétés d'assurances, Institutions de prévoyance), vu que ces acteurs ont tout intérêt à investir dans la prévention 10 pour diminuer/éviter au mieux leurs dépenses causées par une mauvaise santé orale (des milliards € chaque année), d'autant que le secteur assurantiel fonctionne en cycle de production inversé. 11

Cependant, avant la réforme 100% santé 12, j'ai eu la surprise de découvrir que les assureurs investissaient/dépensaient très peu d'argent sur le marché de la prévention dentaire primaire, créant ainsi une situation paradoxale, car dans le même temps ils dépensent chaque année en France : des milliards € sur le marché des soins dentaires conservateurs ( consultation chez un dentiste, traitement d'une carie, détartrage etc...), des milliards € sur le marché des soins dentaires prothétiques ( couronne, bridge, inlays/onlays, inlay-core etc...), et des milliards € pour guérir certaines maladies aggravées par une mauvaise santé orale 13, des dépenses de santé à la fois cause et conséquence d'un manque flagrant d'investissement en prévention dentaire, lesquelles dépenses sont payées au final par les assurés français au travers de leurs primes d'assurance santé, mais pas seulement. 14

Ces expériences avec les administrations publiques et les assureurs m'ont amené à inventer le concept store DEMEYER avec un modèle économique innovant pour pouvoir bousculer les codes du marché de la prévention dentaire primaire et ceux des assurances avec 2 objectifs :

- mettre l'Etat & l'Assurance Maladie devant leurs responsabilités légale & morale vis-à-vis de la protection de la santé de " toute " la population française 2, afin de les convaincre d'ouvrir leurs marchés de prévention dentaire aux candidats innovants ;

- convaincre les assureurs, en particulier ceux qui assurent nos clients, d'être plus présents sur le marché de la prévention dentaire primaire, d'autant qu'en France : " le retour sur investissement de chaque euro investi dans l'élimination de la gingivite serait de 40,40€. " 15, et que la réforme 100% santé a renforcé l'intérêt financier pour un assureur d'investir sérieusement dans la prévention dentaire (Mieux vaut Agir que Subir !), car un assuré qui bénéficie, pendant l'année, de solutions préventives pertinentes, aura plus de chances d'éviter, les années suivantes, des soins plus coûteux ... pour l'assureur (les assureurs ont dépensé en 2020 environ 3 milliards € rien qu'en prothèses dentaires), ce qui au final sera bénéfique pour nos clients en réduisant soit leurs restes à charge en santé, soit leurs primes d'assurance santé, prévoyance, auto, habitation etc..., soit les 2 en même temps !

Gérald Demeyer
Président Fondateur

1. Considéré comme une niche dans le secteur dentaire, ce marché, fonctionnant habituellement en BtoBtoC, a pour particularité de ne pas faire partie du monopole légal des chirurgiens-dentistes, à la différence des marchés préventifs intégrés aux soins (secondaire & tertiaire) qui sont eux dans le périmètre de ce monopole (cf. ICCMS). Le marché de la prévention dentaire primaire est la première porte d'entrée dans le CONTINUUM DES SOINS BUCCO-DENTAIRES (cf. page 64/65 de l'Atlas de la santé bucco-dentaire de la FDI), ou dit autrement, le 1er contact des consommateurs avec le secteur dentaire.
2. Le droit fondamental à la protection de la santé est gravé depuis 1946 dans le marbre du préambule de la Constitution française : " la Nation garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé ". Ce droit " doit être mis en œuvre par tous moyens disponibles au bénéfice de toute personne " présente sur le territoire national. La politique de santé relève de la responsabilité de l’État qui doit : " garantir le droit à la protection de la santé de chacun (...) La prévention collective et individuelle, tout au long de la vie, des maladies et de la douleur " en particulier d'origine dentaire.
3. Le cahier des charges a une portée nationale. Son écriture est centralisée à paris avant d'être envoyé ensuite aux Cpam ou ARS pour être mis en œuvre localement.
4. Guide Pratique achat public innovant édité par Bercy et Guide Innovation à destination des acheteurs de la Sécurité sociale édité par l'UCANSS. À noter que depuis le 1er avril 2016, les acheteurs publics peuvent faire du sourcing en toute sécurité juridique afin d'optimiser l'efficacité de leurs procédures d'achat (Guide Le sourcing opérationnel édité par Bercy). En effet, avant 2016, le sourcing public était bridé sur le territoire national par un (potentiel) risque pénal. En lui donnant un cadre juridique clair, le législateur européen a souhaité limiter ce risque (pénal) tout en offrant aux candidats potentiels d'un marché public la possibilité désormais d'attaquer le(s) responsable(s) de ce marché pour défaut de sourcing le cas échéant.
5. Cette politique " laisse de côté près de 80% de la population " selon la Cour des comptes (cf. page 275 du rapport sur la Sécurité sociale 2016). Même si elle a récemment été étendue aux publics cibles de " 3, 21 et 24 ans ", nous sommes encore très loin d'une politique qui s'adresse, non pas à (seulement) 25/30% de la population française, mais à 100% conformément à la législation précitée (cf. point 2)... À bon entendeur !
6. À ce propos, voici une vidéo, conçue par Quintessence International Publishing Group, qui montre comment une maladie parodontale peut contribuer à des affections systémiques. Pour la Fédération Dentaire Internationale ( FDI) : " Santé bucco-dentaire et état général sont étroitement liés et ils doivent être considérés de manière holistique ". (cf. page 14/15 de l'Atlas de la santé bucco-dentaire de la FDI). Autrement dit : Personne ne peut aujourd'hui prétendre ÊTRE en bonne santé générale sans AVOIR d'abord une bonne santé orale !
7. Selon un rapport de l'Igas : " le retard français en matière de prévention et d'hygiène bucco-dentaire reste flagrant malgré les actions menées par l'assurance maladie et les chirurgiens-dentistes. " (cf. page 3).
8. À ce sujet, voir un reportage du magazine Envoyé spécial : Dentexia  le scandale des sans dents
9. 2/3 du chiffre d'affaires d'un chirurgien-dentiste exerçant en France provient d'honoraires prothétiques selon un syndicat de dentistes.
10. Selon des chercheurs de l'Université de Pennsylvanie qui ont examiné les données de demandes d'assurance de près de 340.000 personnes : " Le  traitement parodontal pourrait réduire jusqu'à 5000 dollars les frais des patients ".
11. Si dans la plupart des activités commerciales le prix de revient d'un produit est connu "avant sa vente", le prix de revient d'un produit d'assurance est lui connu "après sa vente". C'est ce qu'on appelle " cycle inversé de production ". Concrètement, les primes encaissées en amont par un assureur (calculées par un actuaire) doivent lui permettre de faire face en aval à un niveau normal de sinistres à payer, mais en pratique le risque à venir peut être illimité. C'est pourquoi, l'évolution du modèle économique des assureurs passera inévitablement par un investissement plus sérieux dans la prévention pour diminuer au mieux en amont la sinistralité afin d'être plus compétitif en aval.
12. Depuis le 1er avril 2019, date d'entrée en vigueur de la réforme 100% santé, l'ensemble de l'offre du marché français des soins dentaires prothétiques, un marché d'environ 6 milliards € par an, est segmenté en 3 paniers de soins avec obligation pour tous les assureurs de rembourser, depuis le 1er janvier 2020, le 1er panier avec un reste à charge 0 (RAC 0) pour tous leurs clients couverts par une complémentaire santé, peu importe le niveau de garanties choisi. À noter que le RAC 0 était déjà en vigueur sur l'ensemble du marché français des soins dentaires conservateurs, et ce depuis 1945. En effet, depuis les ordonnances sur les prix, les tarifs sur ce marché sont fixés par le législateur avec un RAC 0 pour tous les détenteurs d'une complémentaire santé (ou " mutuelle " en langage populaire). Étant donné que 96% des assurés français sont couverts par une mutuelle, il n'est donc pas pertinent que ces assurés attendent le stade 6 d'une carie pour bénéficier d'un RAC 0 sur certaines prothèses dentaires, vu qu'ils peuvent stopper/soigner celle-ci avec un RAC 0 dès le stade 1 de la maladie. D'autant que, comme l'explique le magazine Quechoisir : " l'apparente simplicité de cette réforme est trompeuse " et de plus en plus de patients, comme les assureurs, vont commencer à s'en rendre compte ! (cf. Extrait du magazine).
13. Ces maladies sont : diabète, maladies cardio-vasculaires, maladies respiratoires, cancers, démence/Alzheimer ... liste non exhaustive.
14. Sauf (rare) exception, un assureur n'est jamais spécialisé - uniquement - en santé. Le principal intérêt pour un assureur d'être généraliste étant de pouvoir pratiquer une (meilleure) mutualisation des risques sur l'ensemble des métiers ou branches dans lesquelles il exerce (santé, prévoyance, auto, 2 roues ...), et ce en compensant les pertes techniques/financières d'une branche avec les gains techniques/financiers d'une autre branche. C'est d'ailleurs intégré dans les règles prudentielles de Solvabilité 2. À noter que le principal indicateur de rentabilité/performance d'un assureur est le ratio combiné (cf. vidéo GENERALI). Si dans le secteur assurantiel le " prix " constitue un levier important pour attirer des prospects ou fidéliser une clientèle, tous les assureurs n'activent pas ce levier en même temps. D'où l'intérêt de comparer régulièrement les offres des assureurs avec l'aide d'un courtier en assurances pour bien s'assurer au meilleur prix !
15. Source :  rapport de l’Economist Intelligence Unit (EIU) effectué pour le compte de la Fédération européenne de parodontologie (EFP).

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