Qui sommes nous ?

En créant l'association Point Dentaire pour développer en France différentes innovations de prévention dentaire autour d'un mobilier urbain destiné à l'hygiène dentaire (cf. article de presse), j'ai pu constater à quel point il était très difficile de proposer des solutions innovantes aux acheteurs publics français, notamment sur le marché de la prévention dentaire primaire. 1

Et pour cause Acte 1 :

Historiquement, le chiffre d'affaires de ce marché est réalisé dans le cadre d'appels à projets ou d'appels d'offres lancés par 2 acteurs : l'Etat en tant que 1er responsable de la prévention des maladies sur le territoire national 2, et l'Assurance Maladie en tant que 1er assureur santé de près de 55 millions de personnes en France. 3

Même si aujourd'hui le sourcing et l'innovation bénéficient d'un cadre réglementaire plus précis dans le code de la commande publique 4, ces acteurs avaient tendance à rédiger un cahier des charges " fermé " pour leurs besoins en matière de prévention dentaire, empêchant les candidats (ou nouveaux entrants) potentiels à proposer des offres innovantes.

Résultat : le retard " flagrant " de la France en matière de prévention dentaire n'a fait qu'augmenter. 5

Et pour cause Acte 2 :

Pour compenser l'absence de commande publique, j'ai essayé de proposer ces innovations aux assureurs (Mutuelles, Sociétés d'assurances, Institutions de prévoyance), vu que ces acteurs ont tout intérêt à investir dans la prévention pour diminuer/éviter au mieux leurs dépenses de santé causées par une mauvaise santé orale (des milliards € chaque année), d'autant que le secteur assurantiel fonctionne en cycle de production inversé6

Cependant, j'ai eu la surprise de découvrir que les assureurs dépensaient très peu d'argent sur le marché de la prévention dentaire primaire, une situation paradoxale, car ils dépensent chaque année en France : des milliards € sur le marché des soins dentaires conservateurs, des milliards € sur le marché des soins dentaires prothétiques 7, et des milliards € pour guérir certaines maladies aggravées par une mauvaise santé orale 8, des dépenses de santé à la fois cause et conséquence d'un manque flagrant d'investissement en prévention dentaire, aussi bien des pouvoirs publics 9 que des assureurs, lesquelles dépenses sont payées en réalité par les assurés français au travers de leurs primes d'assurance santé, mais pas seulement. 10

En discutant avec plusieurs dirigeants du secteur assurantiel pour essayer de comprendre ce paradoxe et les raisons qui peuvent amener un assureur à négliger la prévention dentaire dans sa stratégique de gestion des risques, et ce au détriment de sa compétitivité tarifaire et des intérêts sanitaires & financiers de ses clients, j'ai fini par comprendre que la prévention santé était un sujet brûlant dans le secteur assurantiel 11, à tel point que certains assureurs font signer une clause de confidentialité avant même de dévoiler leurs besoins en matière de prévention ou quelques bribes de leur stratégie préventive.

En effet, à chaque discussion, la même réponse s'imposait systématiquement lorsqu'il était question d'investir en prévention : il est difficile pour un assureur opérant en France, notamment en présence du monopole de l'Assurance Maladie, la fin des clauses de désignation (remplacées par les clauses de recommandation) et la résiliation infra-annuelle en complémentaire santé, d'investir de l'argent dans des solutions pertinentes de prévention santé, et ce pour 2 raisons principales que la société CEGEDIM résume fort bien :

"- Le temps nécessaire pour que les effets bénéfiques de la prévention sur un assuré soient tangibles peut s’avérer assez long, quand la plupart des assureurs sont à la recherche de retour financier à court terme.  

- La possibilité que les assurés sur lesquels on a investi pendant plusieurs années changent de prestataire d’assurance avant l’atteinte du point mort financier, causant de fait une perte financière à la place du gain attendu."

Voilà pourquoi j'ai créé l'enseigne DEMEYER avec un modèle économique innovant pour bousculer les codes du marché de la prévention dentaire primaire et ceux des assurances, avec l'objectif de pouvoir agir chaque jour dans l'intérêt sanitaire & financier du plus grand nombre possible.

Gérald Demeyer
Président Fondateur

1. Considéré comme une niche dans le secteur dentaire, ce marché, fonctionnant habituellement en BtoBtoC, a pour particularité de ne pas faire partie du monopole légal des chirurgiens-dentistes, à la différence des marchés préventifs intégrés aux soins (secondaire & tertiaire) qui sont eux dans le périmètre de ce monopole (cf. ICCMS). Le marché de la prévention dentaire primaire est la première porte d'entrée dans le CONTINUUM DES SOINS BUCCO-DENTAIRES (cf. page 64/65 de l'Atlas de la santé bucco-dentaire de la FDI), ou dit autrement, le 1er contact des consommateurs avec le secteur dentaire.
2. Le droit fondamental à la protection de la santé est gravé depuis 1946 dans le marbre du préambule de la Constitution française : " la Nation garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé ". Ce droit " doit être mis en œuvre par tous moyens disponibles au bénéfice de toute personne " présente sur le territoire national. La politique de santé relève de la responsabilité de l’État qui doit : " garantir le droit à la protection de la santé de chacun (...) La prévention collective et individuelle, tout au long de la vie, des maladies et de la douleur " en particulier d'origine dentaire.
3. Conformément à l'article L111-2-1 du css : " La Nation affirme son attachement au caractère universel, obligatoire et solidaire de la prise en charge des frais de santé assuré par la sécurité sociale ", il n'est pas possible de choisir en France son assureur pour la gestion de son assurance santé de base (Assurance Maladie ou la " Sécu " en langage populaire),  à la différence d'autres États européens qui donnent la liberté à leurs concitoyen(ne)s de mettre en concurrence les assureurs dès leur 1er euro dépensé en frais de santé (par exemple : les Pays Bas depuis 2006 ou l'Allemagne depuis 1992).
4. Voir : Guide Pratique achat public innovant et Guide Innovation à destination des acheteurs de la Sécurité sociale. À noter que depuis le 1er avril 2016, les acheteurs publics peuvent faire du sourcing en toute sécurité juridique afin d'optimiser l'efficacité de leurs procédures d'achat (cf. Guide Le sourcing opérationnel), et ce grâce à la transposition en droit français des directives européennes en matière de marchés publics qui a permis de clarifier cette pratique. En effet, avant 2016, le sourcing public était bridé sur le territoire national par un (potentiel) risque pénal. En lui donnant un cadre juridique clair, le législateur européen a souhaité limiter ce risque (pénal), sans pour autant l'écarter, tout en offrant aux candidats potentiels d'un marché public, en particulier les nouveaux entrants à l'origine (très souvent) d'innovations majeures sur un marché, la possibilité désormais d'attaquer le(s) responsable(s) de ce marché pour défaut de sourcing le cas échéant.
5. Pour l'Igas : " le retard français en matière de prévention et d'hygiène bucco-dentaire reste flagrant malgré les actions menées par l'assurance maladie et les chirurgiens-dentistes. " (cf. page 3 d'un rapport). À noter que l'influence de lobbyistes auprès des pouvoirs publics français peut expliquer ce retard (cf. page 125 d'un rapport de la Cour des comptes). En effet, un rapport de l'Igas : " Évaluation des pratiques de l'exercice de la profession de chirurgiens-dentistes " explique (page 27) comment " La profession s'est organisée pour défendre ses intérêts et maintenir un modèle (économique) qui lui est somme toute favorable ", et (page 34 et suivantes) comment " La profession a occupé le terrain de la prévention ". Pour info, 2/3 du chiffre d'affaires d'un chirurgien-dentiste exerçant en France provient d'honoraires prothétiques selon un syndicat de dentistes, un chiffre d'affaires réalisé, par définition, grâce à une stratégie de prévention dentaire inefficace (CQFD) !
6. L'assurance est un secteur très spécifique par rapport aux autres secteurs d'activités dans la mesure où son cycle de production est inversé. Si dans la plupart des activités commerciales le prix de revient d'un produit est connu " avant sa vente ", le prix de revient d'un produit d'assurance est lui connu " après sa vente ".
7. Depuis le 1er avril 2019, date d'entrée en vigueur de la réforme 100% santé, l'ensemble de l'offre du marché français des soins dentaires prothétiques, un marché estimé à +/- 5 milliards € par an, est segmenté en 3 paniers de soins avec obligation pour tous les assureurs de rembourser, depuis le 1er janvier 2020, le 1er panier avec un reste à charge 0 (RAC 0) pour tous leurs clients couverts par une complémentaire santé, peu importe le niveau de garanties choisi. À noter que le RAC 0 était déjà en vigueur sur l'ensemble du marché français des soins dentaires conservateurs (consultation chez un dentiste, traitement des caries, détartrage etc...), et ce depuis 1945. En effet, depuis les ordonnances sur les prix, les tarifs sur ce marché sont fixés par le législateur avec un RAC 0 pour tous les détenteurs d'une complémentaire santé (ou " mutuelle " en langage populaire). Étant donné que 96% des Français sont couverts par une mutuelle, il n'est donc pas pertinent que ces assurés attendent le stade 6 d'une carie pour bénéficier d'un RAC 0 sur certaines prothèses dentaires, vu qu'ils peuvent stopper/soigner celle-ci avec un RAC 0 dès le stade 1 de la maladie. C'est pourquoi, DEMEYER recommande vivement à quiconque en général, et nos clients en particulier, de consulter un dentiste au moins 1 fois par an afin de détecter & soigner le plus tôt possible une (éventuelle) carie dentaire.
8. Ces maladies sont : diabète, maladies cardio-vasculaires, maladies respiratoires, cancers, démence/Alzheimer ... liste non exhaustive.
9. La politique publique de prévention dentaire menée en France " laisse de côté près de 80% de la population " selon la Cour des comptes (cf. page 275 du rapport sur la Sécurité sociale 2016). Même si cette politique a récemment été étendue aux classes d'âge " 3, 21 et 24 ans ", nous sommes encore très loin d'une politique qui s'adresse, non pas à (seulement) 25/30% de la population, mais à 100% conformément à la législation précitée (cf. point 2), d'autant que dans une résolution votée le 21 janvier 2021 par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la base du rapport intitulé : " Améliorer la santé bucco-dentaire dans le cadre des travaux portant sur la couverture sanitaire universelle et les maladies non transmissibles à l’horizon 2030 ", l'OMS « invite instamment » ses états membres « à favoriser l'intégration de la santé bucco-dentaire dans leurs politiques nationales (...) à réorienter l’approche curative traditionnelle (…) vers une approche favorisant la prévention et permettant de repérer les risques pour prodiguer des soins complets et inclusifs en temps utile (...) à mettre l'accent sur des mesures de prévention intégrées à l’échelle de la population et sur l’accès aux soins bucco-dentaires primaires au titre des prestations relevant de la couverture sanitaire universelle » etc ... À bon entendeur !
10. Sauf (rare) exception, un assureur n'est jamais spécialisé - uniquement - en santé. Le principal intérêt pour un assureur d'être généraliste étant de pouvoir pratiquer une (meilleure) mutualisation des risques sur l'ensemble des métiers ou branches dans lesquelles il exerce (santé, prévoyance, auto, deux roues, MRH ...), et ce en compensant les pertes techniques/financières d'une branche avec les gains techniques/financiers d'une autre branche. C'est d'ailleurs intégré dans les règles prudentielles de Solvabilité 2. À noter que le principal indicateur de rentabilité/performance d'un assureur est le ratio combiné (cf. vidéo GENERALI). Si dans le secteur assurantiel le " prix " constitue un levier important pour attirer des prospects ou fidéliser une clientèle, tous les assureurs n'activent pas ce levier dans les mêmes proportions, selon que leurs stratégies, en particulier court-termiste, soient centrées sur la conquête de parts de marché ou la rentabilité. Selon également leurs stratégies pour contrer le phénomène d'asymétrie d'information (notamment anti sélection & aléa moral) présent sur le marché des assurances. Du coup, comparer les offres des assureurs avec l'aide d'un courtier en assurances est aujourd'hui incontournable pour bien s'assurer au meilleur prix !
11. Une Chaire d'Excellence a été créée en 2017 en France pour " intégrer les modèles de la prévention en santé dans le calcul économique des acteurs de l'assurance ". Plus d'infos : www.chaire-prevent-horizon.fr

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